La technique est la partie facile. Tous les outils, du plus simple au plus complet, reposent sur la même ligne de temps : une piste pour l’image, une pour le son. Ce qui distingue un montage propre d’un montage amateur, c’est le dosage, le calage sur le rythme et, surtout, un morceau qu’on a le droit de diffuser.
Les six étapes, quel que soit l’outil
- Importer la vidéo et le fichier audio. Préférez un WAV ou un MP3 à 320 kbit/s : à 128 kbit/s, la perte s’entend.
- Placer la musique sur la piste audio, sous la vidéo.
- Caler le départ sur un moment précis : la première coupe, le titre, un geste à l’écran.
- Couper la fin, puis poser un fondu de sortie de 2 à 4 secondes. Un fondu d’entrée de 0,5 seconde évite le « clic » au démarrage.
- Doser le volume : la musique accompagne, elle ne couvre jamais la voix.
- Exporter en MP4, vidéo H.264, son AAC à 48 kHz, puis réécouter au casque.
Morceau plus court que la vidéo ? Enchaînez-en deux avec un fondu d’une à deux secondes plutôt que de boucler trois fois le même refrain.

Quel outil choisir selon la vidéo ?
Tout dépend de la longueur de la vidéo et de l’endroit où elle sera diffusée.
| Outil | Pour quelle vidéo | Point fort | Limite |
|---|---|---|---|
| Éditeur en ligne | Clip court | Rien à installer | Poids plafonné, filigrane fréquent, fichier envoyé sur un serveur tiers |
| Application mobile | Format vertical | Tout se fait au pouce | Volume grossier, musiques intégrées sous licence limitée |
| Logiciel de montage | Plus de 2 minutes | Courbes de volume, mesure du niveau | Quelques heures de prise en main |
| Éditeur de YouTube Studio | Vidéo déjà publiée | Même URL, vues conservées | Seule la bibliothèque audio de la plateforme est proposée |
Régler le volume sous une voix
C’est l’erreur la plus répandue. Une musique trop forte rend le commentaire inaudible sur un téléphone.
Repères de travail : la voix culmine autour de -6 dB ; la musique reste entre -20 et -25 dB pendant qu’on parle et remonte vers -12 dB dans les passages sans parole. La plupart des logiciels l’abaissent automatiquement de 10 à 15 dB dès qu’une voix est détectée : c’est le ducking.
Le niveau global se mesure en LUFS. Les grandes plateformes vidéo normalisent autour de -14 LUFS ; la télévision suit la norme EBU R128, à -23 LUFS.
Réécoutez l’export sur le haut-parleur d’un téléphone, à mi-volume. Si vous tendez l’oreille pour suivre la voix, la musique est trop haute.
Caler la musique sur le rythme du montage
Une coupe qui tombe sur un temps fort paraît naturelle. Décalée d’un quart de seconde, elle paraît ratée. Pour caler, il suffit de connaître le tempo du morceau en battements par minute (BPM), souvent indiqué par les catalogues.
| Tempo | Durée d’un temps | Images par temps à 25 i/s | À 30 i/s | Mesure à 4 temps |
|---|---|---|---|---|
| 60 BPM | 1 s | 25 | 30 | 4 s |
| 75 BPM | 0,8 s | 20 | 24 | 3,2 s |
| 100 BPM | 0,6 s | 15 | 18 | 2,4 s |
| 120 BPM | 0,5 s | 12,5 | 15 | 2 s |
| 125 BPM | 0,48 s | 12 | 14,4 | 1,92 s |
| 150 BPM | 0,4 s | 10 | 12 | 1,6 s |
On coupe sur le premier temps d’une mesure pour les changements de plan importants. Quatre mesures à 120 BPM font 8 secondes, une bonne longueur pour un plan d’ambiance.
Le calage ne vaut pas que pour les coupes. Un mouvement de caméra qui démarre sur un temps, un titre qui apparaît sur un accent, une phrase qui laisse respirer la musique donnent la même impression de justesse. À l’inverse, une musique qui s’arrête net au milieu d’une mesure se remarque toujours, même chez un spectateur qui ne connaît rien au solfège.

Quelle musique a-t-on le droit d’utiliser ?
N’importe quel fichier se glisse sur une timeline. Le droit, lui, trie. Diffuser une vidéo, c’est représenter l’œuvre en public, ce qui suppose l’accord des auteurs et des producteurs de l’enregistrement.
- Un titre du commerce : sans autorisation, la vidéo sera repérée par les systèmes d’empreinte. Citer l’artiste ne vaut pas autorisation.
- Une musique sous licence : un droit d’usage au périmètre écrit (support, durée, territoire). Voir ce que couvre une musique libre de droit pour une vidéo.
- Une musique Creative Commons : gratuite, mais BY impose de créditer et NC interdit l’usage commercial. Le détail figure dans notre guide des licences Creative Commons.
- Une œuvre du domaine public : la partition est libre 70 ans après la mort du compositeur, pas l’enregistrement. Un Beethoven gravé en 2015 reste protégé par les droits voisins.
Même licence en poche, une revendication automatique peut tomber. Elle se lève avec la preuve d’achat, comme nous l’expliquons à propos de la revendication Content ID.
Le piège des musiques ajoutées dans une application
Les réseaux sociaux proposent des milliers de titres connus, à ajouter en un geste. Ces musiques sont licenciées pour un usage à l’intérieur de l’application.
Exportez la vidéo, publiez-la sur YouTube ou sur le site d’un client : la licence ne suit pas, et la vidéo sera revendiquée ou retirée. Les comptes professionnels ont d’ailleurs souvent accès à une bibliothèque plus restreinte. Même logique pour une vidéo d’entreprise : un logo à l’écran fait de l’usage un usage commercial, que beaucoup de bibliothèques gratuites excluent.
Règle de prudence : la musique se pose dans l’outil de montage, à partir d’un fichier dont on connaît la licence. Notre rubrique musique à l’image aide ensuite à choisir un morceau adapté au ton de la vidéo.
Comment mettre une musique sur une vidéo gratuitement ?
Un éditeur en ligne ou une application gratuite suffisent pour la technique. La musique doit venir d’une source dont la licence couvre votre usage : bibliothèque d’une plateforme, Creative Commons compatible ou enregistrement du domaine public.
Peut-on mettre une musique connue si on cite l’artiste ?
Non. Le crédit n’est pas une autorisation : sans licence, la vidéo sera repérée, sa monétisation reversée à l’ayant droit, voire bloquée.
Existe-t-il une durée utilisable sans droits ?
Non. Aucune règle des 10 ou 30 secondes n’existe : quelques secondes reconnaissables suffisent à déclencher une revendication.
Quel volume pour une musique de fond ?
Entre -20 et -25 dB sous une voix qui culmine vers -6 dB, et un export autour de -14 LUFS pour une plateforme vidéo.
Peut-on ajouter une musique à une vidéo déjà sur YouTube ?
Oui, depuis l’éditeur de YouTube Studio, sans changer l’URL, mais uniquement avec les pistes de la bibliothèque audio de la plateforme.
Quel format audio choisir à l’export ?
AAC à 48 kHz dans un MP4, à 320 kbit/s ou plus : c’est le format le mieux accepté par les plateformes.
Avant votre prochain export, notez la licence et la référence du morceau dans le dossier du projet, vérifiez qu’elle couvre la plateforme de destination, et passez la vidéo sur un téléphone. Le reste, c’est du glisser-déposer.
Légifrance, Code de la propriété intellectuelle : articles L122-4 (représentation sans consentement), L123-1 (70 ans après la mort de l’auteur) et L211-4 (droits voisins), consultés le 27 septembre 2026.
Monteur vidéo — qui écrit ici.