Une musique pour reportage vient d’une source dont la licence couvre la diffusion prévue : télévision, web ou festival. Elle se place dans les respirations du montage, jamais sous un témoignage, et reste 20 à 25 dB sous la voix off. La musique entendue pendant le tournage, radio d’un café ou sono d’un défilé, est protégée elle aussi. Gardez la licence et la facture de chaque morceau.
Un reportage n’est pas un clip : la musique y sert le récit, elle ne le remplace pas. Elle ouvre, relie deux séquences, laisse respirer une image, puis s’efface dès qu’une personne parle. Côté droit, la règle est la même que pour toute vidéo, avec deux pièges en plus : la diffusion à la télévision, qui suit ses propres circuits de déclaration, et la musique captée par le micro pendant le tournage.
Quelle musique a-t-on le droit de poser sur un reportage ?
Diffuser un reportage, c’est représenter en public les œuvres qu’il contient. Sans l’accord des ayants droit, auteurs et producteurs de l’enregistrement, cette représentation est illicite, même pour quelques secondes et même en citant l’artiste. Cinq familles de musiques existent, et elles ne se valent pas pour un reportage.
| Famille | Ce que couvre l’autorisation | Le piège pour un reportage |
|---|---|---|
| Musique de librairie | Un catalogue conçu pour l’image, sous licence ou déclaré par le diffuseur | Vérifier qui déclare : la chaîne, la production ou vous |
| Musique libre de droits | Un droit d’usage acheté une fois, au périmètre écrit | Support, territoire et durée à relire avant chaque projet |
| Creative Commons | Un usage gratuit, sous conditions | BY impose le crédit, NC exclut un reportage commandé |
| Domaine public | La composition, 70 ans après la mort du compositeur | L’enregistrement reste protégé 70 ans après sa publication |
| Titre du commerce | Rien, sans accord des ayants droit | Détection automatique, blocage ou revenus reversés |
Pour les deux familles les plus utilisées sur le web, nos guides détaillent ce qu’autorise une musique libre de droit pour une vidéo et chaque licence Creative Commons, clause par clause.
Télé, web, festival : lire la licence selon la diffusion
La même musique peut être autorisée pour une diffusion et interdite pour une autre. Tout se joue dans trois lignes de la licence.
- Télévision : les chaînes ont des accords avec les sociétés d’auteurs. La production remet un relevé des musiques utilisées, titre, durée et minutage, que la chaîne déclare. La musique de librairie est prévue pour ce circuit.
- Web et réseaux : la licence doit citer la plateforme, la monétisation et, pour un reportage commandé, l’usage par le client. Une licence « usage personnel » ne couvre pas un film d’entreprise.
- Festival et projection publique : la projection est une nouvelle représentation. Beaucoup de licences d’entrée de gamme l’excluent.
Dans tous les cas, gardez un dossier par reportage : la licence en PDF, la facture, l’identifiant du morceau et le relevé des minutages. C’est ce dossier qui fait lever une réclamation, comme nous l’expliquons à propos de la revendication Content ID.
La musique captée au tournage, un piège propre au reportage

Un reportage se tourne dans le monde réel, et le monde réel diffuse de la musique : radio d’un commerce, sono d’une manifestation, fanfare d’une fête de village. Ce morceau est protégé comme n’importe quel autre. Les systèmes d’empreinte le reconnaissent souvent, même mixé sous une interview.
Sur place, trois réflexes évitent le problème. Demander poliment qu’on baisse ou coupe la musique le temps d’une interview. Enregistrer trente secondes d’ambiance sans musique, pour couvrir les raccords au montage. Et placer l’interviewé loin de la source sonore.
Quand la musique fait partie de l’information, un concert filmé ou une chorale pendant une cérémonie, la question change : il faut en principe l’accord des ayants droit, et l’organisateur sait en général à qui s’adresser. Au moindre doute, on vérifie avant diffusion plutôt qu’après la réclamation.
Placer la musique sans orienter le propos
Dans un reportage, la musique a des places naturelles : l’ouverture, les transitions entre deux lieux, les plans d’ambiance sans parole, la fin. Elle n’a pas sa place sous un témoignage : elle couvre les mots et, surtout, elle indique au spectateur quoi ressentir.
C’est le point le plus délicat. Une nappe grave sous des images de quartier suffit à le rendre inquiétant, sans qu’aucun fait ne le justifie. Choisissez donc des morceaux neutres, peu mélodiques, au tempo proche du rythme du montage : une pulsation régulière, souvent entre 80 et 110 BPM, porte bien une séquence d’information. Pour aller plus loin sur ce qu’un mode ou un tempo produit chez le spectateur, voyez notre article sur la musique et l’émotion.

Doser le niveau sous la voix
Les repères de travail restent ceux d’un montage soigné : la voix culmine autour de -6 dB, la musique descend entre -20 et -25 dB pendant la voix off et remonte vers -12 dB dans les passages sans parole. Sous une interview, on la coupe, ou on la garde à peine audible, autour de -30 dB.
Le niveau global se mesure en LUFS. La télévision française applique la norme EBU R128, à -23 LUFS ; les grandes plateformes vidéo normalisent autour de -14 LUFS. Un reportage livré pour les deux se mixe deux fois. La méthode pas à pas, fondus compris, figure dans notre guide pour mettre une musique sur une vidéo.
Où trouver de la musique pour un reportage ?
Dans une librairie de musique de production si le reportage part à la télévision, dans une bibliothèque de musique libre de droits pour le web, ou parmi les œuvres Creative Commons sans clause NC si le reportage est commandé. Dans les trois cas, on télécharge la licence avec le fichier.
Peut-on utiliser 30 secondes d’une chanson connue ?
Non. Aucune durée minimale ne rend l’usage libre. Quelques secondes d’un titre du commerce suffisent à déclencher une réclamation, et citer l’artiste ne vaut pas autorisation.
Faut-il déclarer la musique à la Sacem ?
Pour une diffusion télévisée, c’est la chaîne qui déclare, à partir du relevé des musiques que lui remet la production. Pour une musique libre de droits achetée en ligne, la licence précise si l’auteur est membre d’une société de gestion et si une déclaration reste nécessaire.
Quel style de musique choisir pour un reportage ?
Un style discret : nappes, piano sobre, électro légère ou guitare, sans voix chantée. On évite les mélodies trop marquées, qui attirent l’attention, et les musiques dramatiques qui commentent l’information à la place du journaliste.
La musique entendue pendant une interview pose-t-elle problème ?
Oui, dès que le morceau est reconnaissable. Même en fond, il peut valoir une réclamation ou un blocage. Faites couper la source au tournage, ou déplacez l’interview.
Avant votre prochain montage, ouvrez un dossier « musique » pour le reportage et notez-y, morceau par morceau, la source, la licence et le minutage. Choisissez deux ou trois pistes neutres pour les respirations, coupez tout sous les témoignages, et réécoutez l’export au casque puis sur un téléphone. Les autres points de droit sont réunis dans la rubrique licences et droits.
Légifrance, article L122-4 du Code de la propriété intellectuelle : toute représentation d’une œuvre sans le consentement de l’auteur est illicite, consulté le 30 septembre 2026.
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